LIVRE NEUVIEME
du vicomte de Carcassonne accabla Roger-Bernard, comte de Foix, le héros du Paraclet. Nous pensons que le patriote vicomte de Bruniquel, le noble et magnanime Bertran de Toulouse fut abattu par la dernière ruine du midi et le martyre anticipé de Montségur. Ace titre, nous l'inscrivons dans ce martyrologe.
SIÈGE DE HONTSitaUR PAR LE SÉNÉCHAL DE CARCASSONNE. — NOUVEAUX DÉFENSEURS ET APPROVISIONNEMENTS DE LA FORTERESSE. — LES GUER- RIERS CATHARES DEMANDENT LA DÉNÉDICTION DU PATRIARCHE. — ATTA- QUES DE LA TOUR ROULANTE. — MORT DE JORDANET DU MAS^ DE GLARET, DE BARDENAG ET DE R. DE CARCASSONNE. — LE MONDE A LES YEUX FIXÉS SUR MONTSI^.GUR (1245.)
G'est au commencement de septembre que l'armée de Toulouse quitta ses positions du Thabor. Quelques jours après le bruit se répandit que les Français allaient assiéger Montségur. A cette nouvelle sinistre, de nouveaux chevaliers accoururent s'enfermer dans la forteresse. De ce nombre furent Jordan et Ugo du Villar. Arnauld du Villar, leur père, était l'ingénieur des machines de Montségur. Jordan conduisait les hommes deGajan au meurtre des inquisiteurs d'Avignonet. Saint Dominique les avait dépossédés de leur manoir et de leur territoire du Villar. Alors aussi vint Ramon Guilhem d'Elcongost avec des faidits des environs de Limous.
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Galhard et Bertrand, ses frères, depuis longtemps habitaient Monségur*. Jordan, leur père y était mort après y avoir ramené le sacerdoce cathare (1234). Avaet Saxa d'Elcongost, deux vieilles diaconesses, s'étaient réfugiées à Montségur depuis que les croisés les avaient expulsées de leurs manoirs du Rasez et du Chercorb. Tous ces chevaliers allaient, en arrivant, recevoir la bénédiction de Bertran d'En Marti, le patriarche johannite *. Les populations apportaient de l'argent, des armes, des vivres. Les comestibles, comme toujours, venaient principalement de Lavelanet, de la Roque, de Guelle et de Pech d'Azeu. Enfin Ramon de Perelle, que quelque oflBce féodal retenait d'ordinaire à la cour de Foix, revint s'enfermer dans son donjon du Thabor pour y mourir avec les derniers défenseurs de la patrie romane. 11 avait rompu sans doute avec le comte Roger, depuis que ce prince s'était vendu à la France, et ce fut une rupture de cœur pour le vieux serviteur, le confident chevaleresque des grands comtes Roger-Bernard et Ramon-Roger, et de la sainte vicomtesse Esclarmonde. Disons ici que dans ce siège de Montségur on ne voit nulle part le comte Roger. Il semble, par pudeur, se cacher dans son château de Foix. Peut-être s'était-il retiré dans sa vicomte catalane de Castelbon. Ainsi Montségur, à son suprême instant, n'avait aucun des deux princes, ses patrons féo-
1. Dép. de Bérenger de Lavelanet. Guilhem vintcMw socii$ mis, p. 43.
â. Dép. de Ramon de Perella (3 mai 1244).
ii. I ,1 .