‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 505 sur 922 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

Pierre-Roger de Mirepois, oflfrande suprême d'un pieux chevalier indigent à la patrie romane expirante. Une autre nuit, la forteresse éprouva une joie bien vive : elle vit arriver Bertran de la Bacalaria, Bertran, le grand ingénieur de Gap-de- Nac, frère d'un troubadour fameux, probablement enfermé aussi dans ses murailles, séjour de tout patriotisme et de toute poésie. Amis, dit-il, je viens de la part du comte Ramon. J'en ai reçu l'ordre de ses bayles même, Sicard AUaman et Bertran Roca. Courage donc, et si nous tenons encore sept jours Montségur est sauvé * ! L'arrivée de maître Bertran ranima l'enthousiasme des chevaliers du Thabor. Mais qu'attendaient-ils au bout de ces sept jours ? Est-ce le roi d'Aragon? Est-ce le comte de Toulouse? Ramon VII ne délaissait donc pas Montségur, ou plutôt il l'abandonnait à Rome et le soutenait à Toulouse. Ce fait montre l'esprit troublé, combattu, incohérent de ce mallïeureux prince' trahissant ses fidèles, et baisant la main et le pied des assassins de son peuple et de sa dynastie : trouble lamentable mais douloureux, et qui mérite moins la réprobation que l'éternelle pitié de l'histoire. Bertran de la Baccalaria monta sur la plateforme, et prit la direction des machines. Les chefs tinrent conseil dans le donjon. Tous se rangèrent aux avis d'Arnauld Téouli de Limons. Ce vaillant faidit, venu au suprême instant, pour mourir à Montségur, dit à Pierre -Roger de Mirepois : « Il faut hriser la machine de l'évêque d'Albi. Après cela,

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