‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 512 sur 922 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

gouffres fatidiques, tournèrent les sources de l'Ers^ et gagnèrent le cours de la Fragosa, pour débloquer Montségur. Montségur répondit sans doute à l'attaque des faidits. Mais leurs efforts se brisèrent contre le camp français, et le cercle de fer, un moment entr'ouvert, se referma plus tenace sur la forteresse albigeoise.

Et qui sait même si cette flamme nocturne allumée sur les neiges du Bidorta n'était pas un stratagème pour relever les courages défaillants, une invention des chefs pour inspirer à leurs compagnons un espoir qu'ils ne partageaient qu'à demi. Depuis longtemps Téloignement du comte, l'infidélité de rhiver, la trahison des hommes et des éléments leur faisait présager tristement la chute de Montségur. Gomme un navire en perdition qui s'allège de ses débris, Montségur évacuait ses blessés, ses défenseurs fatigués. De ce nombre furent Palaizi de Saint- Andréo et le médecin Gamier qui revint au Mas-Saintes-Puelles. A plusieurs reprises, Pierre- Roger avait fait transporter ailleurs le trésor cathare. Vers Noël, notamment, le diacre Matheuset son compagnon Bonnet emportèrent une quantité infinie d'argent et d'or. Les hommes de Camou, qui formaient le blocus dans la gorge de l'Ers, secrètement dévoués à Pierre-Roger, leur ancien seigneur, laissèrent passerle trésor sacré. Les deux diacres le transportèrent dans la grotte d'Ornolac, dans le Sabartez*. C'est cette caverne fameuse par ses profondeurs, ses escarpements intérieurs, ses mystérieux laby-

Page 1