Dép. de Bérenger de Lavelanet (11 mai
dent, il regarde les cimes qui dentellent l'horizoïi' du sud. Tout à coup le pic de Bidorta (celui dont la grotte s'ouvre comme une bouche contractée d'horreur) s'illumine dans les ténèbres. « Courage,, amis, s'écrie-t-il, le comte Ramon, notre seigneur, vient au secours de Montségur f )>
Ce n'était pas le comte Ramon. Ce malheureux prince était à Rome baisant les pieds du nouveau pape Innocent IV. Mais c'étaient peut-être ses bayles Roca et Alaman qui déjà avaient envoyé l'ingénieur Bertran de Cap-de-Nac. C'était probablement Loup de Foix, sorti de sa captivité, devenu gouverneur d'Ax,. et toujours si dévoué aux Amis de Dieu. C'était surtout sa pieuse sœur Esclarmonde d'Alion qui naguère avait tenté de jeter le catalan Corbaïro dans Montségur. Il est évident qu'Escot était un messager d'Esclarmonde, vicomtesse du pays de Sault *. L'histoire aime à penser que Loup de Foix, d'accord avec les bayles du comte de Toulouse, avait résolu d'arracher Montségur à la mort. Il réunit dans le Sabartez ses beaux-frères d'Astnave et d'Alion, ses amis de Lordat, de Rabat, de Castelverdun,' les seigneur d'Aniort, Jordan et Ugo du Villar qui avaient défendu Montségur jusqu'à Noël, et cet entreprenant et infatigable Pierre de Mazerolles qui n'ayant plus la garde du sacerdoce johannite, rôdait au dehors du bercail sacré, comme un chien fidèle, et voltigeait incessamment sur les flancs de lamontagne sainte. Ces vaillants chefs, à la tête de leurs vassaux, s'aventurèrent à travers les neiges par les.