‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 514 sur 922 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

l'entoure gardait seul son mystère ; mais des traîtres, dont on a secrètement acheté le cœur, vont livrer la fidélité de la Roche et l'incorruptibilité du gouffre ; le Paraclet aura aussi ses Judas, et son Thabor sera son Calvaire. Un soir, Alpaïs et Philippa de Perelle étaient allées visiter Esclarmonde, leur sœur, Gorba, leur mère, et Marquésia, leur aïeule maternelle, dans l'hospice des Parfaites, construit sur la montagne, dans la forêt. Elles reçurent leur bénédiction*. Hélas I c'était comme un dernier adieu : elles ne devaient plus se retrouver que captives et en face de la mort. Revenues dans leurs logis, elles s'endormirent. Les chevaliers, après les combats du jour, s'abandonnèrent également au sommeil; les vedettes seules veillaient sur la plate-forme du donjon. La communauté johannite, comme un troupeau assoupi entre ses chiens vigilants, reposait sous la garde de la forteresse, et de la barbacane de l'Ers. La nuit était sans doute obscure, et les bruits s'éteignaient dans les murmures de la forêt. Tout à coup le cri d'alarme, un cri subit, strident, éperdu , précipité, lugubre comme une menace de mort, retentit dans les ténèbres. Les chefs catholiques, conduits par des montagnards infidèles , avaient découvert enfin un de ces rares sentiers perdus, verticaux, vertigineux, effroyablement suspendus sur l'abîme, tracés par ces hardis aventuriers qui pénétraient de nuit dans Montségur. Ils avaient escaladé la mon- ' tagne du côté du sud, égorgé les gardes de la tour

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