Dép. d'Alfaïs de Perelle (15 mars
de l'Ers et surpris les cathares endormis dans leurs hospices, leurs cabanes et leurs grottes. Évêques, diacres, diaconesses, femmes, vieillards, enfants, se lèvent en désordre dans l'obscurité et se réfugient en hurlant vers les murailles de la forteresse où les enveloppe à l'instant même le sénéchal * . Le chef français, en effet, pendant cette attaque du sud, en faisait tenter une autre au nord, et des Basques, partis de la machine de l'évêque d'Albi à l'ouest, contournant le roc septentrional et rampant comme des écureuils, sous les racines même du donjon , abordèrent au levant l'étroite estrade qui déborde sur l'Abès. De ce balcon de roc, les Basques et les Français, avides de sang et de butin , tâchaient d'enfoncer la poterne orientale qui venait de recevoir les fugitifs et d'escalader les murailles sous les flèches et les pierres qui pieu valent des créneaux. Pierre-Roger de Mirepois, pris entre les échelles du sénéchal et la machine de l'évêque, qui lançait ses projectiles sur ce tumulte nocturne, fit cesser le combat inutile désormais. Il n'avait de choix que la reddition ou le massacre. — Retirez les échelles, cria-t-il aux Français, et du haut de la plate-forme il entra en pourparler avec le sénéchal. Les deux chefs traitèrent de la reddition de la forteresse : les conditions furent que les hommes d'armes seraient remis au sénéchal, lieutenant du roi de France, et que les évêques, les diacres et tous les parfaits seraient livrés à l'archevêque de Narbonne, délégué de Vapostole de Rome. C'était