PRISE DE MONTSÉGUR. — 8DPPUCE DE DEUX CENT ONQ ALBIGEOIS
Ramon de Perelha n'apparaît jamais dans cette négociation : soit que Pierre -Roger se soit emparé du commandement, et que dans ce moment suprême, la communauté johannite l'ait conféré à ce jeune chef résolu, audacieux, et dominateur ; soit que le noble vieillard l'ait résigné volontairement, et que blessé peut- être, accablé par l'âge et la destinée, et mourant de la mort de son pays, il n'ait pu que s'asseoir en silence sur la plate-forme de son château, comme un naufragé, muet et morne, sur le pont de son vaisseau qui s'enfonce dans l'abîme . Et Montségur, en effet, sur ce sommet qui n'était plus qu'un écueil, n'était plus lui-môme qu'un navire de granit en perdition dans un océan de neige et de nuées. Quoi qu'il en soit, P. Roger de Mirepois apparaît seul dans la reddition de la forteresse cathare. D après des conventions avec le sénéchal, les soldats français et gascons s'écartèrent pour laisser aux assiégés la liberté de faire leurs apprêts pour la vie et pour la mort.
La montagne de Montségur, naturellement caverneuse, et dont l'homme avait élargi les excavations, comprenait un arsenal, des magasins, des écuries , et des sépulcres , reliés par un vaste système de corridors et d'escaliers dont les spirales descendaient jusqu'au village, et même jusqu'à