Una flaciata, flassada, couverture de lit
animaux faisaient aussi partie de ses bagages avec ses palefrois qui jadis paissaient en liberté sur les bords de TErs, mais qui, depuis la guerre, assié- :gés eux-mêmes dans leurs grottes, hennissaient enchaînés à leurs stalles de granit, et s'étonnaient -de n'être pas de ces combats.
Pendant ces apprêts, ceux qui devaient mourir faisaient à ceux qui devaient survivre leurs derniers présents et leurs suprêmes recommandations. Le parfait Pierre Araus remit à Ramon de Sant-Marti quarante sols toulousains pour que Pierre-Roger les distribuât à ses hommes d'armes. Le diacre Sirvent donna lui-même à chacun des servants d'armes •cinq sols, comme seôours et souvenir d'adieu *. Le vieil évêque Bertran d'En Marti, qui n'avait rien à laisser que sa bénédiction, transmit aussi ses dernières instructfons et confia des secrets relatifs à la communauté johannite. Car ces hommes qui attendaient la mort ne doutaient pas de l'immortalité de l'église du Paraclet. Il appela Imbert de Salas, gendre de Bérenger de Lavelanet. Il existe encore, lui dit-il, un dépôt de 400 sols toulousains. Tu diras à mon frère Roland qu'il en aura des indices à Fanjaus ou à Laurac. Enfin il restait un trésor considérable que par précaution on avait caché dans la forêt voisine de Montségur. Amiel Aicard, qui paraît avoir été le trésorier de l'église cathare, fut chargé de sauver cet or. Amiel comptait partager le sort des martyrs au nombre desquels était sa femme Guilhelma. L'évêque lui or-