‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 520 sur 922 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

donna de vivre, et lui adjoignit Ugo, Peytavi, et nn autre parfait dont le nom s'est dérobé à sa gloire. Ils durent se résigner, et après avoir reçu la bénédiction des évêques et le baiser de paix de leurs frères, ils s'éloignèrent pour exécuter leur message, et disparurent dans la nuit. Que devinrent-ils? Selon les uns, Pierre-Roger les fit cacher dans un souterrain d'où ils ne sortirent qu'après le trépas de leurs amis et l'éloignement des troupes du sénéchal. Mais selon d'autres, et plus vraisemblablement, le chef fixa solidement un câble au mur oriental du château et en lança l'immense rouleau dans l'espace ténébreux *. Les hardis albigeois s'aventurèrent dans l'effroyable précipice, et suspendus à ces cordes flottantes dans le vide obscur, glissant de nœuds en nœuds le long du roc vertical et nu, descendirent ainsi l'un après l'autre au fond du val, nommé l'Abès. Ils se cachèrent dans la forêt, tirèrent le trésor de sa grotte, et la nuit suivante, ils se dirigèrent par le Savartez vers le château de So voisin de Quérigut, où ils racontèrent à Esclarmonde de Foix, leur pieuse protectrice, les derniers combats et les derniers soupirs des défenseurs de Montségur.

Les heures s'écoulèrent pendant ces tristes apprêts , ces longs embrassements, ces suprêmes adieux. S'entretenant de Dieu et du ciel où ils avaient l'espoir de se retrouver tous après cette cruelle épreuve, ils attendirent l'aurore, la captivité et la mort. Quand le soleil se leva sur les monts lointains de

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