‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 528 sur 922 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

Entre le château et la tour du sud, s'étendait, sur la croupe de la montagne sainte, à l'aspect du soleil levant, la cité sacerdotale et chevaleresque : le temple, les maisons des évêques, des chevaliers, les hospices des parfaits et des diaconesses qui tenaient à la fois du cloître, de l'école et de l'atelier, de celles isolées, des cabanes, des grottes, répandues parmi les rochers, comme des hermitages, dans la profondeur de la forêt. Tout fut détruit, saccagé, bouleversé , et leurs décombres balayés dans l'Abès. On abattit jusqu'aux chênes séculaires sous l'ombrage desquels les docteurs cathares tenaient leurs écoles, semblables à des brames de l'Occident. La montagne sainte, dévastée par le fer et par le feu, demeura comme un roc foudroyé, un repaire de bêtes sauvages *.

Avant de quitter Montségur, l'archevêque de Narbonne et l'évêque d'Albi durent compléter l'expédition du sénéchal par une exécution qui dans ce temps était le couronnement ordinaire de toute croisade romaine. Après avoir dévasté la cité des vivants, ils durent bouleverser la cité des morts. Depuis plus d'un quart de siècle, Montségur était le seul lieu du Midi où un Albigeois put se promettre un tombeau. Montségur n'était pas seulement un sanctuaire, mais encore une nécropole cathare. De tous les environs les vieillards, les malades se faisaient transporter, pour y mourir, sur la montagne sainte. Il y eut plusieurs cimetières à Montségur. Avant le siège on enterrait près du

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