‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 532 sur 922 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

voir longtemps encore son manoir démantelé. Plus il s'éloignait, plus le glorieux donjon mutilé semblait se dresser, par-dessus les collines et les montagnes, pour regarder son maître infortuné qu'il ne devait plus revoir. Dépouillé de sa crénelure, il était semblable à un autel et à un tombeau : autel de la patrie romane, tombeau de la race méridionale, cime à jamais célèbre par le sacrifice d'un peuple dont la mémoire fume devant Dieu au siècle des siècles. Enfin, le monument transfiguré par la distance se déroba, comme un rêve , dans les vapeurs du soir. Il s'est éclipsé de même dans la nuit des temps. On n'a plus entendu parler de lui pendant six cents ans. On a oublié sa guerre, sa victoire et son martyre. De nos jours seulement le noble donjon semble sortir de ses ténèbres. Saluons sa résurrection historique. Montségur, Montségur, forteresse impuissante, mais sépulcre glorieux, dresse tes créneaux au-dessus des nuées, dresseles au-dessus des âges, et montre à jamais à l'univers frissonnant d'admiration et d'horreur, tes deux cents martyrs, immense holocauste, dévorés sur ta cime par les flammes, et que ta sanglante auréole nous éclaire, ô Golgotha de la foi Johannite et de la patrie pyrénéenne!

FIN DU TOME DEUXrÈMP;

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