Hisl, du Lang., t VL — Guilh. de PuiL, c. xiju
LIVHE DIXIÈME m
lui, et posant leurs mains dans sa main, prêtèrent l'bommage-lige, dans le couvent des Franciscains. Il voulut faire une rentrée solennelle dans sa métropole d'où les deux princes l'avaient naguère expulsé. En conséquence de leur vasselage sacerdotal, Ramon et Amalric, 4 pied et sans manteau, comme ses écuyers, conduisirent par la bride, à travers la cité, jusqu'au palais de l'archevêque, le palefroi sur lequel se prélassait farouchement le vainqueur de Montségur *. La haquenée primatiale , sur le pavé retentissant de Narbonne, écrasait sous ses sabots d'argent, en même temps que l'honneur des deux princes , l'indépendance de tous les citoyens. Pierre-Amiel triomphait de tous ses adversaires, le comte, le vicomte, les consuls, et le peuple. L'Amistanza de Narbonne était dissoute; et le tribun Terre -Rouge avec les patriotes erraient proscrits dans le Roûssillon et la Catalogne. Inno- •cent IV gratifia le primat du privilège de faire por^ ter devant lui la croix, dans toute la Septimanie, comme le vainqueur des cathares et des musulmans, ennemis de ce symbole 2. c'^est dans ce triomphe que la mort saisit ce superbe (20 mai 1245). Il fut inhumé au monastère de Cassan. Le chapitre de Narbonne avait, dès son vivant, écrit son épitaphe : Violent, débauché, scandaleux! Nous la gravons, non sur son sépulcre détruit, mais dans l'histoire, la grande, l'éternelle nécropole.
1. Il imitait le pape Adrien IV ayant pour palefrenier l'empereur Barberousse.