‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 557 sur 922 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

Les inquisiteurs, après une première tournée dans 1-e Lauragais, rentrèrent dans Toulouse, avec un butin de deux ou trois ce.nts accusés. Ils condamnèrent cette multitude k une détention temporaire ou perpétuelle dans les murs. Mais on incarcérait depuis quinze ou vingt ans ; on n'eut pas assez de prisons pour tant de captifs; les condamnés, parqués dans quelque enceinte , comme un bétail, durent attendre l'achèvement des nouvelles tours. Ils durent prêter serment qu'ils ne se déroberaient point à leur pénitence, et quiconque conseillerait ou seconderait leur évasion fut d'avance fra])pé d'excommunication et d'anathème. Ils voyaient grandir chaque jour leurs cachots construits à leurs propres frais, et peut-être de leurs propres mains, comme ces suppliciés qui devaient, avant leur exécution, creuser leur tombeau *.

On envahit les châteaux : on chercha surtout à se saisir des barons ; ils étaient les chefs du peuple, les béliers du troupeau. Il résulta de cette immense enquête que huit branches des Villeneuve, sept des Villèle, cinq des Roque ville, quatre des Alaman, trois des Varagnes, les maisons de Latour, d'Aragoji, de Saint-Germier, de Castillon, de Ro^ chemaure, de Saint-Julien, de Mont gaillard, de Romego.?, de Mir, toutes les familles chevaleresques étaient hérétiques. Elles fournissaient des vierges, des veuves, des diacres, des évêques à l'église du Paraclet, et leurs escortes armées conduisaient ce sacerdoce fraternel et national de châteaux en

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