LIVRE DIXIÈME
trouve une étroite place triangulaire. On dirait l'emplacement d'un autel consacré à la trine-unité de Dieu. C'est le cœur, le foyer, le capitole populaire de la Toulouse républicaine et chevaleresque du moyen âge. Ce terrain que le toulousain patriote devrait baiser avec respect, est l'emplacement de la maison des Roaix, la plus grande des races capitulaires de Toulouse*. Alaman en fut le chef, au moins par l'héroïsme et le martyre. Après la bataille de Muret, il accompagna le comte soa seigneur dans Texil d'Espagne. Il revint d'Aragon avec le prince, et rentré dans Toulouse, il eut l'honneur de loger dans son palais, pendant la lutte, Ramon VI, et après la victoire, Guilhabert de Castres : la Patrie et le Paraclet. Il fut l'un des vaillants chevaliers de Ramon VII, contre l'invasion du roi Louis VIII, et, après le traité de Paris, l'un des magnanimes citoyens de Toulouse, contre l'établissement de l'inquisition dominicaine. L'inquisition assiégea le palais des Roaix, forteresse du patriotisme roman et de l'hérésie cathare, et posa, comme deux camps sous ses murailles, au levant, le couvent des Carmes, au couchant, le monastère des Dominicains de la rue Saint-Rome. Le farouche frère Arnauld cita à son tribunall'énergique Alaman, et condamna ù dix ans de réclusion le grand citoyen contumace. Alaman sortit de Toulouse, et se retira dans ses châteaux du Lauragais, et principalement dans son bourg favori d'Avignonet. Il n'apparaît point dans la nuit tragique. La conjuration des barons se dé-