LIVRE DIXIÈME
Sa poésie est plate et brutale, une poésie de bourreau. Le tragique argumentateur insulte son adversaire, l'appelle menteur, larron, et lui montre le bdcher qui s'allume. Ce brasier apparaît toujours à l'horizon de chaque strophe. Son poëme, dans sa platitude barbare, est néanmoins d'une très-grande valeur historique. Toutefois, il n'est pas impossible qu'il ne soit une fiction, une sorte de manuel en vers de conversion, et une espèce de roman de la torture et du bûcher. 11 restera toujours incroyable que Sicard, un archidiacre ou évêque de l'Albigeois, s'avilisse jusqu'à solliciter le rôle de délateur anonyme, et de mouche obscure de l'inquisition, en face de cet éclatant spectacle des deux cents martyrs de Montségur. Quoi qu'il en soit, le vengeur du Figueyras de Castres, c'est le Figueyras de Toulouse, dont nous entendons rugir l'ïambe immortel : Romat
Le fougueux frère Ferrier, inquisiteur de Carcassonne, vint en aide à ses collègues de Toulouse, et transféra son tribunal à Limons, un foyer de patriotisme, où il cita les peuples du Lauragais oriental *. C'est alors que périrent probablement Gérald de Caraman, évêque, et sa femme Géralda de la Tour, diaconesse, expulsés des manoirs hospitaliers des fils d'Impéria.