‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 570 sur 922 · LIVRE DIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME

Bernard de Roqueville vit les hérétiques eu divers lieux: il les crut véritablement bons, et, dan*^ son indigence, reçut d'eux des présents, savoir des clieniises, de> souliers et des brodequins. Mais il ne crul pas à leurs erreurs. Il vil à Siifir Paulrtt le diacre^ BoiIîL^ et son compagnon, mais on les disait réconciliés à l'Église romaine. On sent, à ces réticents, trembler la voix de ces che valiers. moins fermes dovaiil les tribunaux que sur les champs de bataille. Voilà donc l'un des seigneurs de Ho pieviUe, ancien capitoul de Toulouse (1227) qui, rétluit ïla mendicité, reçoit l'aumône de l'église cathare, mendiante elie-meine et proscrite sur la terre *. Les biens de Bertran et de Bégou de Roqueville lurent conlisqués. Ils s'étaient réfugié."^ à iMontgalbard dans le Sabartez. Ils étaient même écuyers des comtes de Foix.

Joignons aux dépositions, plus ou moins sincères de ces barons, la confession touchante d'un pauvre vigneron, confession pleine d'un courage naïf et d'une grandeur qui s'ignore : « Pendant que je travaillais aux vignes, dit Pons Viger^ ma mère Audiarda se fit héréticjue dans le logis des Domercs, à Saint-Paulet. Puis elle revint dans ma maison où elle resta un mois. Pendant ce mois, je vins voir deux fois ma mère, et lui donnai deux fois à manger, ne pouvant faire plus à cause de ma .pauvreié. Si j'avais eu de (juoi, de grand cœur j'aurais lait davantage quoiqu'elle fiit hérétique. Je ne Vadorai pas, ni ne la vis adorer, mais je fus

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