‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 571 sur 922 · Art.Saiiit-Puulfl · texte numérisé non relu

Art.Saiiit-Puulfl

lit «I

.luiOTP jours dans la maison où ma mère héréli(iue se tena.t publiquement. Il y a de cela trente ans. J'ai un fils Pierre Vigior, qui. moi ab<!ent, prit la fuite voici deux ans. 11 m'envoya un me-ssa^er, et ie me rendis auprès de lui. de nuit. Je le priai d'abandonner les hérétiques, mais il refusa et me pria de l'adorer. Je ne voulus pas, et cela eut heu cette année même. Enfin ma femme m'a quitte, ce mois-ci. Je crois qu'elle s'est faite hérétique, mais je ne sais où, car je ne l'ai pas revue depuis. » Oa voit bien, à ce récit, la contagion du calharisrae persécuté. On sent un cœur battre dans la poitrine de ce pauvre vigneron ; on est réjoui de retrouver la nature, muette dans ces chevaliers tremblants, ivteinte dans ces féroces inquisiteurs «.

A Avif-nonet, dans le chàtf>au même ou tut exécuté 1e meurtre des inquisiteurs, nous avons le récit de ce massacre de la bouche d'un des conjurés, Bertran de Quiders. Les Quiders étaient cinq frères, fils de Bernard de Quiders et de Guilhe'meta de Saint- Andréo. Bernard de Quiders, leur père, est ce terrible baron qui dans une assemblée nocturne, ayant découvert un préire déguisé, un espion des inquisiteurs, le fit mettre à "enoui devant lui. et au lieu de le frapper de sa^da-'ue. se contenta d'uriner sur sa tonsure, baptême do honte mais de clémence qui convertit ce misérable au catharisme. Bertran, son fils aîtté. sauvé de la mort par les médecins albigeois, dévoua sa vie à la défense du Paraclet, et, de

LIVRK DIXIÈME

bonne heure, eut des démôlés avec ilnquisiliou qui renvoya, marqué d'une croix, et le bourdon à la main, faire un pèlerinage aux tombeaux des saints apôtres Pierre et Paul à Rome. Le farouche coquillard revint d'Italie avec dr.s projets de vengeance. Arrivé au Mas-Sainte.s-Puelles, il enfonce de nuit les portes du presbytère, enlève les deux roussins du prieur auquel il ne fit aucun mal, et, donnant Tun de ses chevaux à son écuyer, s'élance sur le dos de l'autre et s'en va guerroyer dans les bois. C'est quelque temps après sans doute qu'eut lieu le massacre d'Avignonet. Bertran de Quiders, devant le tribunal, le présente comme un fait accidentel. Un soir il aurait d'aventure rencontré Golairan venu ù son insu de Montségur. Golairan lui aurait annoncé l'arrivée des faidits du Thabor, et proposé la capture mais non le massacre des inquisiteurs. Bertran ruse, déguise. a peur du gibet. Il ôte à cet acte célèbre son caractère original : il fut une conspiration, une conjuration nationale, dans laquelle directement ou indirectement trempèrent toutes les classes de la société romane*. Beriraii de Quiders, parmi beaucoup de faux-fuyants, laisse pourtant échapper ce ferme et tragique aveu : Nous pensions en tuant leff inquisiteurs tuer nnquisition Et son mot est confirmé par ce cri triomphant d'Est or et d'Astorga de Rosengas, de Caraman : Tout est mort ! Tout est délivré t Après cette sanglante nuit, Bertran de Quiders et Ramon de Golairan se réfugièrent à Anriac. D'Au-

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