‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 586 sur 922 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

m LES ALBIGEOIS tT L'INQUISITION

raient que de nuit» et rentraient avant l'aube dans leurs forts inronnus. Quand les cors sinistres» les aboiements des limiers , les vociférations des traqueurs retentissaient sous les bois, les johannites éperdus se blottissaient dans les entrailles de la terre. Cf tte tempête aboyante qui passait sur leur tête prenait dans leur imagination un caractère fantastique. Elle se confondait avec quelque souvenir druidique, et le pâtre des Pyrénées croit entendre encore des hurlements de chiens dans les vents d'hiver et les fanfares farouches des chasseurs traquant des âmes plaintives dans les nuées. Il appelle cela les chasses du roi N'Artus, mrlant à la légende fabuleuse du monaïque celte cette histoire trop réelle de Ramon VII, prince jjrosîcrit aussi, dépouillé, indiciblement malheureux, mais éternellement cher à son peuple dont il partage le mystérieux martyre*.

Une autre tradition populaire se rattache sans doute aux mrmes événements. Il paraît qu'on fît nettoyer les bois, arracher les broussailles, pour ôter aux faidits et aux cathares leurs repaires dans leurs inextracables fourrés d'épines. Cette besogne fut confiée à un certain Bernard, probablement le chasseur du comte qui, dans ses nouvelles fonctions, gagna le surnom de Vlisf^inasuer, ou coupeur de buissons. Les proscrits dont il détruisait les derniers refuges, ajoutèrent à son titre une sorte de gloire patibulaire, et ceignant son front d'une couronne de ronces, firent de leur bourreau le

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