‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 590 sur 922 · LIVRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME

sujEsamment saigné. Louis IX, pressé par le pape, et entraîné par son cœur religieux, partit pour la croisade d'Orient. Mais il exigea que le comte de Toulouse, le vicomte de Carcassonne et les barons

qui s'étaient soumis l'accompagnassent dans la Terre sainte. Il pacifiait le pays en éloignant ces chevaliers, et les emmenait périr dans les déserts d'Asie. De ce nombre, avons-nous dit, fut le vicomte Ramon-Roger de Carcassonne. Son dernier espoir était tombé avec Montségur. li revint d'Espagne et sollicita la paix de la France. Louis IX l'accorda, sous la condition que h» grand proscrit renoncerait à ses droits héréditaires et que, relevé de l'excommunication, il prendrait la croix. L'infortuné consentit à tout, et donna son fils en otage à la France. Il renonça à ses antiques domaines, à son titre vicomtal, au nom même de Carcassonne, et ne s'appela plus que Roger de Béziers. Le prince héritier des villes et des territoires de Carcassonne, Béziers, Agde, Castres et Albi, n'obtint à grand'peine qu'un revenu de six cents livres, c'est-à-dire, d'environ trente mille francs d'aujourd'hui, grâce amère, aumône dédaigneuse dont le saint roi couronna cette énorme iniquité, cette spoliation immense, scandaleusement consommée par Rome, la croisade et la France*. «#'*; t

Louis IX, si cruel envers le vicomte Ramon-Roger, son cousin, se montra magnifique et chevaleresque envers Olivier de Termes, revenu de l'exil avec son infortuné suzerain. Le roi lui rendit'èes vastes do-

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