‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 596 sur 922 · Catel. cornt.. p · texte numérisé non relu

Catel. cornt.. p

Guilhem de Puilaurens, dans la partie orientale de ses États, pour que le corps de ce dernier prince de la maison de Toulouse, rapporté dans la région occidentale, reçût à son passage les devoirs de tous ses sujets qui témoignèrent un regret extrême de sa mort. » Ses peuples éplorés se pressaient autour de son char funèbre lorsqu'il descendit la vallée de l'Aveyron et traversa les plaines de TAlbigeois. Ils Taimaient malgré ses faiblesses, malgré ses crimes; ils l'aimaient à cause de ses malheurs, qui étaient leurs propres malheurs, ils l'aimaient parce qu'il était comme un symbole d'indépendance et d'autonomie de la patrie romane. La patrie mourait avec le prince. Le cercueil entra dans Toulouse au milieu des lamentations de la cité*. Elle se ressouvenait des idées de prospérité, de liberté, de gloire, de poésie, incarnées dans la maison de Saint-Gélis. La justice était surtout la fleur de son sceptre. Après six cents ans son intégrité est encore proverbiale. Toulouse dit toujours, en signe de bonne foi : cest du comte Rarnon! Naïf et touchant éloge d une race souveraine dont la justice parfume la mémoire. Son cercueil ne fit que traverser Toulouse, où vivant il n'avait plus de palais. Embarqué sur la Garonne, un immense gémissement s'éleva sur les deux rives du fleuve lentement descendu par la nef funèbre. Le comte Jeune, tant de fois parti pour l'exil, s'en allait une dernière fois mendier à l'étranger un tombeau. On saluait d'un inconsolable adieu l'ombre de la patrie méridio-

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