ûest. Lud., VIII
bles ou mal fixés, fléchissent sous l'énorme poids des hommes et des engins ; et cette masse de combattants et de machines s'entre-choque, s'entrebrise dans sa chute, tourbillonne dans le vide, et s'écroule en hurlant dans le Rhône, son sépulcre. Ainsi tout combattait contre les croisés : le fleuve, la terre, le soleil \
Au milieu de ces scènes lugubres, on annonce au camp la venue du comte de Foix. Le vainqueur des Monfort, le libérateur du Midi, atteint du découragement universel, vient-il donc se soumettre aussi? Non, il vient traiter de la paix avec le roi et le légat. Sur quelles bases, on l'ignore, mais les mêmes, sans doute, qu'il avait posées au synode de Montpellier. Suzeraineté du roi de France : suprématie de l'Église romaine ; mais liberté religieuse. Louis VIII eût peut-être accepté ces conditions ; elles furent repoussées par le cardinal. La tolérance est incompatible avec la papauté. Ces offres étaient nobles et sages; elles conciliaient l'autorité du saint-siége et de la couronne de France avec l'indépendance politique et religieuse des Méridionaux. En dehors d'elles , il ne restait qu'extermination et servitude. Le comte se retira.
L'automne approchait, il fallait en finir avant l'hiver : inexpugnables sont les murs d'Avignon ; invincible est le cœur des vaillants consuls. Malheureusement la famine se fait sentir dans la ville assiégée. Le légat, instruit de leur détresse, ouvre des négociations 2. Douze citoyens se rendent sous