‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 607 sur 922 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

société populaire de YAmistança, et les vieux partisans du tribun féodal et plébéien Terre -Rouge, qui peut-être vivait encore dans les Corbières. Il personnifiait le génie national contre la croisade théocratique et la conquête française. Ces discordes se prolongèrent pendant de longues années dans Narbonne. Enfin de lassitude Amalric demanda la paix, et offrit à rarchevêque un éventail (flabellum), symbole ironique de la vanité de son hommage versatile et orageux. Narbonne devint une métropole politique et poétique du Midi. En haine des clercs latiniers, ce vaillant prince s'entourait de troubadours ^ Ils chantaient l'héroïque vicomte et chansonnaient l'odieux primat de Septimanie. A sa cour fleurirent Gérard Riquier de. Narbonne, et Joan Estébé de Béziers. Son palais devait être le dernier asile du poète centenaire Pierre-Cardinal. Narbonne eut donc une arrière-saison de poésie et de religion romane. Là se forma ce catharisme mitigé, cette spiritualité franciscaine dont le pieux réformateur fut Joan d'Oliva, et le tribun mystique et populaire, Bernard Délicios. Le paraclétisme se décomposait et renaissait adouci dans Narbonne, après la chute de Montségur, comme, après la prise de La Rochelle, le calvinisme transformé revivait dans Port-Royal, cette Rochelle monastique et libérale, où une sœur du vicomte Amalric devancera de quatre cents ans les grandes abbesses, les doctes Angéliques du xvii® siècle. Mais où donc est la vieille église des Purs, la

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