‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 606 sur 922 · LIVRE ONZIÈME y · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME y

rait pas contre le roi. Alors les détenteurs des biens confisqués s'écrièrent : Malédiction t Malédiction t Dégainant leurs couteaux, ils s'écrièrent une seconde fois : A mort ! A mort I Et se ruant sur l'orateur populaire et ses conseillers plébéiens, ils vociférèrent une troisième fois : A la barre I A la barre I Aux armes l Aux armes ! Courons aux logis des traîtresl Mais le peuple réprima cette émeute épiscopale et larronnesse et prit sagement parti pour la cause royale. La reine Blanche, avertie par Guillaume de Pian, sénéchal de Carcassonne, abattit la forte griffe du lion de France sur cette tourbe de renards cléricaux et de dogues bourgeois acharnés à la curée sur le cadavre de la brebis de Toulouse *.

Des luttes analogues, et qui avaient leur source dans la spoliation des Albigeois, existaient entre le vicomte de Narbonne et l'archevêque Pierre de la Broue, primat de Septimanie. On se ressouvient de ce couard, tortueux et serpentin Améric de Lara, vicomte de Narbonne. Ce caméléon du Midi avait engendré un lion, le vicomte Amalric. Filleul d'Arnauld-Amalric, abbé de Gîteaux et légat de la croisade, neveu, par sa mère, des Montfort et des Montmorency, beau-frère, par ses deux sœurs, des comtes de Foix et de Béarn, et cousin, par sa femme Philippa d'Anduze, de Joana, comtesse de Toulouse, ce prince, d'origine si diverse, était un patriote roman. Depuis la désertion du comte Roger de Foix, son rôle de chef national était passé au vicomte Amalric II de Lara, etNarbonne, depuis

1. Ibid. Pièce très-curieuse sur les droits des vicomtes. m 0

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quarante ans la servante de la croisade, se relève avec le cœur de son prince, et devient la métropole tardive du génie pyrénéen. Le triomphe de l'archevêque Pierre-Amiel, le vainqueur de Montségur, qui avait, au travers de tout Narbonne, fait conduire sa mule, par ses palefreniers, le comte Ramon et le vicomte Amalric; cet insolent triomphe, en achevant de briser le cœur débilité du Saint- Gélis , avait exapéré l'àme magnanime et fière du Lara. Le primat de Septimanie avait absorbé tous les droits comtaux et vicomtaux. A la mort du Pierre-Amiel, Amalric ressaisit ses titres et ses fiefs et engagea hardiment la lutte contre le nouvel archevêque Guillaume de la Broue. Il le bloqua dtas son palais et fit pendre un de ses vassaux. Le primat excommunia le vicomte. Almaric défendit au peuple de reconnaître l'archevêque. Nous n'entrerons pas dans le fastidieux détail de ces querelles féodales. Nous dirons seulement que le prélat recourut au pape, et le pape au roi de France*. Blanche de Castille qui ne voulait rien entendre remuer dans le Midi, et qui craignait que ces luttes particulières n'éveillassent l'insurrection nationale, chargea son sénéchal de Carcassonne et Hervey de Chevreuse, le commissaire royal, de pacifier les troubles de Narbonne. Ils n'y réussirent pas, parce que ce n'étaient pas seulement deux princes qui s'entre-choquaient, mais deux principes, le laïque et le sacerdotal. Le vicomte s'appuyait sur le peuple, sur les débris de la

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