‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 617 sur 922 · LIVRE ONZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME

le franciscain. Le frère Ugo prétendait prêcher d'après les Écritures : « Sire roi, dit le courageux moine, j'ai lu la Bible, et j'y ai vu que jamais royaume n'a perdu son seigneur que par défaut de droit. Faites donc droiture à votre peuple de peur que de votre vivant Dieu ne vous ôte le royaume de France I » C'était comme un cri populaire, une explosion de la conscience du Midi montant contre l'avide despotisme capétien. Saint Louis voulut retenir le courageux cordelier jusqu'aux bords du Rhône. «Non, Sire, répondit le provençal irrité , mais j'irai où Dieu m'aimera plus qu'en la compagnie du roi I » Et il se retira à Marseille *. La terre provençale frémissait sous les pieds des chevaux de Tost royal. Toute la plage palpitait, sous un vent patriotique, qui poussait ses peuples comme ses flots. La voix du moine était le murmure sourd de cette tempête. On comprend pourquoi Louis eût voulu ne débarquer qu'à Aigues-Mortes. Il passa rapide et inquiet, et ne fut rassuré, qu'au delà du Rhône, dans les tours françaises de Beaucaire. Nous allons voir comment le monarque exécuta les conseils du tribun provençal, Ugo de Sabran.

A Beaucaire, à Saint-Gilles, à Nîmes, à Alais dans les Cévennes, il entendit les plaintes unanimes des populations contre ses officiers dejustice.il publia des ordonnances pour que ces peuples fussent gouvernés selon les anciennes libertés. Il nomma des commissaires pour la restitution des biens et des droits injustement unis au domaine roval. Mais

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