Hist, de saint LouU, p. 293. i
que saint Louis apprit la mort de Blanche de Castille. Il fit appeler Joinville : « Ah, sénéchal, s'écria-t-il, j'ai perdu ma mère ! » et il fondit en larmes. La douce reine Marguerite de Provence, de son côté, éclatait en sanglots. — « Eh quoi, s'écria le naïf sénéchal de Champagne, c'était la femme que vous haïssiez le plus, et vous menez semblable deuil I » Et Joinville faitl'oraison funèbre delà vieille régente, dure à sa maison comme à son peuple, et rudovantleroisonfils et l'infante sa bru comme
des écoliers qui n'osaient respirer devant leur farouche pédagogue. Dès lors saint Louis décida son retour en France. 11 se rembarqua à Saint- Jeand'Acre (avril 1254). Une tempête affreuse Tassaillit dans les eaux de Chypre. Roger de Carcassonne, Olivier de Termes, et les faidits méridionaux durent relâcher dans l'île. Le roi continua sa route, et le 10 de juillet, il entra dans cette ceinture d'îles qui forment la rade d'Hyères dont il voyait à deux lieues vers le nord, le monticule conique, la cité penchante, close de murailles phocéennes, et au sommet aigu, le donjon féodal de la maison de Fos *. Louis eût voulu continuer jusqu'à Aigues- Mortes, mais aux prières de la reine, fatiguée d'une si longue et si périlleuse navigation, il consentit à descendre sur cette côte de Provence qui relevait de son frère Charles, comte d'Anjou. Dans les murs d'Hyères, se trouvait un cordelier renommé par sa sainteté et son éloquence. Le roi voulut entendre