UVRE ONZIEME
cieusement dans les cryptes de Sainte-Cécile (1255). Ce concile fut aussi l'adieu à la France et au monde du pape InnocentlV. L'Italie lui avait été rouverte par la mort de l'empereur Frédéric IL II quitta Lyon, rentra daris Rome, et mourut àNaples (1254). Sinibald de Gênes continua l'œuvre de son prédécesseur, Ugolin d'Anagai. Mais le Ligurien exagéra, jusqu'à la fureur, le génie de l'Hernique. Son pontificat est un des plus tragiques : il est rempli par le déchaînement forcené de l'Inquisition. Depuis la prise de Montségur, jusqu'au retour du roi (1244- 1 254), il couvrit le Midi d'une montagne de ruines et d'ossements, pyramide funèbre au sommet de laquelle le concile d'Albi, sa dernière pensée, s'ouvre comme une fleur de sang. Il eut pour successeur Rainaldo, neveu de Grégoire IX, qui prit le nom d'Alexandre IV *.
Le vrai pontife de ce siècle, c'était saint Louis. Il ne répudiait pas les iniquités de sa mère, de son père, de son aïeul, mais il était doux, juste, modéré; le roi Louis et le comte Alphonse promulguèrent des ordonnances pour l'exacte administration de la justice qu'ils voulaient égale, intègre, uniforme et identique dans leurs domaines respectifs. On y sent le génie niveleur de la royauté. Mais en même temps le monarque défendait à ses sénéchaux et à leurs officiers d'épouser des filles du Midi : il maintenait la distinction entre les deux races, et l'autorité restait conquérante et française. Le sénéchal Sicard d'Alaman, et le viguier Pons