‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 624 sur 922 · LIVRE ONZlÈMii: loi · texte numérisé non relu

LIVRE ONZlÈMii: loi

sins, sénéchal de Toulouse. Ces nouveaux mandataires, perdus dans ce chaos d'iniquités, demandèrent des directions au roi. Le monarque répondit de Vincennes; il y mettait vingt-sept restrictions. Étaient exclus du bénéfice, les fugitifs, les contumaces, les complices des cathares. On rendit quelques bribes aux veuves ou aux filles des faidits et aux héritiers des Albigeois qui se vouaient à l'état monastique. Cette restitution ne fut donc, à trèspeu de chose près, qu'apparente. Qui n'était pas fugitif, ou contumace, ou complice des cathares? Et quel Albigeois se faisait moine ? Quant aux fils des faidits, ils restaient sous le coup de la loi, suspects, surveillés, exclus de tout*. Mais les plus odieux au roi furent les partisans du vicomte de Garcassonne et du comte de Toulouse. Pour eux point de grâce . L'enquête dura sept ans (1 254-1 262) . Son résultat fut presque nul. Saint Louis rend les deux poules de Guilhem le Rouge, mais il garde les trois provinces de Garcassonne, de Béziers et d'Albi, héritage des Trencabel.

Mais si les commissaires ne restituaient que des miettes des immenses confiscations royales, les sénéchaux, au contraire, disputaient, arrachaient aux évêques de larges lambeaux, de vastes débris de leurs spoliations. Le capétien prétendait rester Tunique spoliateur, de son droit de lion de France. La révocation du testament de Ramon VII avait été la déclaration de guerre, et le premier évêque

1. Filios hasreticorum, vel nepotes, aut suspectes, offlciis publias non leneant. Ord. de S. Louis, 1258.

attaqué fut le fameux Durand, évêque d'Aîbi. Dans la ruine des Montfort, ce prélat batailleur s'était emparé des droits et des domaines du vicomte de Garcassonne, et de la totalité des biens confisqués sur les faidits, dont il avait eu Thabileté de faire •une part aux consuls et aux bourgeois d'Albi, ses compères 'Nous ayons vu qu'il souleva le peuple ; il s'empara de la ville, et expulsa du Gastel-Vieil les officiers royaux. Il rejeta hautainement toute transaction, et devint plus insolent encore, quand il crut que le roi Louis, vaincu à la Masoure, ne reviendrait pas d'Orient. Le sénéchal de Garcassonne marcha contre le prélat rebelle, et l'assiégea dans Albi*. Il paraît que le belliqueux évêque resta vainqueur du sénéchal, et rendu plus audacieux encore par sa victoire, il rompit son vasselage, et fit hommage-lige à l'archevêque de Bourges, devenu par là son suzerain, et son métropolitain. Au dessus du droit royal et féodal il mettait le droit théocratique. Durand mourut dans cet insolent triomphe, et légua sa révolte à son successeur Bernard de Combret, non moins turbulent, mais moins intrépide et surtout bien moins savant dans la guerre. Le nouvel évêque resta tranquille deux ou trois ans ; mais dans l'été de 1259, il éclata. Il entra en campagne à la tête de trois grosses troupes d'hommes de pied et de cheval, pilla le prieuré de Cahuzac, ravagea les terres de l'abbé de Gaillac, et rentra dans Albi. Il en sortit une seconde fois pour combattre l'abbé de Gaillac qui non moins belli-

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