‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 630 sur 922 · LIVRE ONZIÈME iqq · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME iqq

avant Pâques , Pentecôte ou Noël. Et dans ces mêmes fêtes qu'ils communient à moins qu'ils n'en soient exemptés par le prêtre; qu'ils entendent les messes paroissiales tous les dimanches et jours de fête, et les sermons partout où ils seront, à moins d'excuses légitimes. Et dans ces mêmes messes, à ces prêtres officiants, entre l'épître et l'évangile, qu'ils se présentent publiquement avec des verges, et qu'ils reçoivent de leur main la discipline. Qu'ils suivent les processions partout où ils seront placés entre le clergé et le peuple, portant des verges dans leur main, et qu'à la dernière station ils reçoivent la discipline de la main du prêtre qui précède la procession. Qu'ils payent exactement à l'Église les dîmes, prémices, oblations, legs et autres droits. Au surplus, qu'ils soient privés de tout office public. En outre, qu'ils persécutent les hérétiques et leurs adhérents, et qu'ils s'appliquent à défendre de tout leur pouvoir la foi catholique. Que le premier dimanche de chaque mois, il montrent ces présentes lettres à leur propre curé, et se les fassent lire et traduire en langue vulgaire, afin qu'ils n'aient aucun doute sur ce qu'ils ont à faire, et dont ils doivent s'abstenir. Nous leur enjoignons toutes ces choses, réservant à nous et à nos successeurs dans notre office la libre faculté d'augmenter, d'amoindrir, de changer ces dites pénitences, lorsqu'il paraîtra convenable, ou lorsqu'il n'existera d'autre raison de les ramener dans leur mur. »

Les captifs de Montségur, après ce discours, furent relâchés, ou plutôt reconduits dans leurs

lia LES ALBIGEUIS KT L'INQ'JISITION

montagnes, et peut-être même, pour rédificatioii de leurs compatriotes, durent-ils subir dans Téglise du Mercadal de Pamiers * , une répétition solennelle de leur libération de Carcassonne. Leur nombre devait être bien réduit, les plus vieux devaient être morts dans leurs tours ; ainsi sans doute, Bertran de Perelha, frère du grand chef des faidits, Cécilia de Montservat, femme d'Arnauld- Roger de Mirepois, et la sœur de ce chevalier, Aladaïs de Massabrac. Jordan de Perelha, fils du héros, dépouillé de tous ses domaines, dut être recueilli à la cour de Foix, où ses pères exerçaient héréditairement un office de domesticité féodale. Guiraud de Rabat, son beau-frère, avec sa femme Alpaï*s, regagna son riche manoir dans les montagnes de Tarascon. Philippa, sa sœur, revit son mari, Pierre-Rpger de Mirepois, puissant et honoré, au château de Montgaillard, au sud de Foix. Ces deux faidites de Montségur, pauvres prisonnières de Carcassonne, après une longue captivité, retrouvaient, dans leurs donjons, une grande fortune, des serviteurs, des damoiseaux, despalefrois, etnobles matrones romanes, décorées sur le sein et sur le dos de leur croix jaune, assistaient mélancoliquement aux fêtes comtales de Foix. Mais Alzeu et Othon de Massabrac, simples écuyers, dépouillés de leur maigre patrimoine, ne purent rentrer dans leur humble castel rustique

1. L*égUse du Mercadal est aujourd'hui l'église du coUége quiporle sur sa façade cette inscription ; Deo Optimo Maximo,

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