‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 631 sur 922 · LIVRE ONZIÈME m · texte numérisé non relu

LIVRE ONZIÈME m

qui de soa nouveau maître avait reçu le nom de Bénaïs * qu'il porte encore au pied de Montségur. On leur fit laumône d'une lance et d'un cheval et ces Taillants faidits entrèrent au service de Pierre- Roger de Mirepois ou de quelque autre baron des Pvrénées.

Mais à peine ces libérés de l'inquisition avaientils revu leurs toits et leurs monts paternels qu'ils étaient contraints de s'en éloigner pour accomplir leurs pénitences respectives. Les hommes étaient tenus aux longs pèlerinages d'outre-mer; les femmes se bornaient aux courts pèlerinages du Midi. Après bien des années d'exil lointain, de vie errante, revenus dans leur pays, vieux, pauvres et flétris, ils avaient encore à subir les suspicions des prêtres et les insultes d'une populace fanatique. Les inquisiteurs durent plus d'une fois réprimer ces insolences et prendre sous leur protection ces pauvres crousets, car c'est ainsi qu'on les appelait à cause de leur croix 2. Mais au milieu de ces outrages, ils trouvaient de secrètes sympathies; on les visitait comme des confesseurs; on les recueillait avec amour dans les cabanes; on leur faisait raconter leurs souffrances dans les tours de Carcassonne, ou leurs combats sur les cimes de Montségur. Ils étaient protégés d'ailleurs par

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