Cal. — Du Mège, HisL de Toulouse, t. IV, p
iSa LES ALBIGEOIS ET LINQUISITlOiX
C'est ainsi que le roi de France, qui parfois secondait les fureurs de l'inquisition, opposait aussi parfois au fanatisme dominicain un mélange de justice et de sagesse propre à faire aimer la royauté. Nous avons vu qu'il avait rappelé les habitants fugitifs de Carcassonne, et qu'il leur avait permis de construire une nouvelle ville au delà de l'Aude. Maintenant il leur rendait les terrains confisqués lors de l'expédition du Trencabel. Il ne gardait sur le glacis méridional qu'une zone nécessaire à la défense et à l'ornement de la vieille cité, et qui comprenait, avec le parc des vicomtes, la Pierrière qui fournissait les blocs dont on chargeait les balistes. Cette ceinture était bornée au sud par la fontaine de Charlemagne et le ravin d'Aguillan, jusqu'à sa jonction avec l'Aude (1260). Ainsi le roi de France jeta dans la plaine la nouvelle Carcassonne, et ses habitants qui eussent voulu reconstruire leurs maisons au pied de leurs anciennes tours en furent exclus pour toujours et comme leur vicomte ne purent contempler que de loin sur son plateau la cité royale et française. Le pauvre Trencabel revenu d'Orient errait aussi exilé et indigent autour des palais de ses aïeux. Le roi, pour son immense spoliation, lui avait assuré un modique revenu ; mais il lui avait donné un rebut de fiefs arides. L'infortuné ne pouvait vivre sur ces fonds stériles *. Il fut contraint de mendier une augmentation d'aumône pour soulager sa misère. Ses prières l'obtinrent du roi.