‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 65 sur 922 · IJUl. du Lan g y pr · texte numérisé non relu

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ilO LES ALBIGEOIS ET L'LNQUISITIOX

Narbonne, Castres, Albi, effara sur leurs cimes Termes, Gab-Aret, Menerbe, Hautpoul, Rocafeuil, les inexpugnables donjons, en poussa les consuls, les barons, portant les clefs dé l^urs forteresses, au camp d'Avignon, et conduisit le légat et le roi dans sa métropole de Gothie. Narbonne, plus mobile que le sable de ses plages et les varecs de ses étangs, fut toujours du parti de tous les vainqueurs, par la versatilité de son vicomte Améric de Lara. Ce prince d'origine espagnole, compatriote de la reine Blanche, épouse d'une Française, Marguerite de Marly, caméléon politique, fut précipité par sa femme, par l'archevêque, par l'épouvante, aux pieds du monarque capétien.

Le primat Pierre-Amiel avait eu pour auxiliaire, dans cette campagne d'embauchage, Benoît d'Alignan, abbé de la Grasse, qui s'était rendu au camp d'Avignon, et qui de Narbonne entraîna le roi vers sa riche et florissante abbaye puissamment assise sur les bords de l'Orbieu, au pied des Gorbières*. Benoît ne manqua pas de lui montrer les chartes de sa fondation, et la signature même (étrange et monumentale) de Charlemagne*. Louis prit sous sa protection spéciale, et comme sa propre terre, l'abbaye fondée et dotée par son ancêtre, le César franc. Il confirma la possession de tous les territoires conquis primitivement sur les Arabes; il y ajouta toutes les terres confisquées récemment sur les Ga-

i . HUt. du Lang,, t. V, p. 641.

2. Cette signature originale se voit aujourd'tiui aux archives de la préfecture de Garcassonne.

thares ; il lui rendit tous les domaines enlevés par la rapacité des Montfort. Il combla de ses grâces royales l'antique abbaye carlovingienne. C'était le salaire de Benoît d'Alignan dont le zèle avait fait succomber Béziers, la noble Garcassonne, l'inexpugnable château de Termes, l'importante principauté de Fenouillèdes, et avec le vicomte Nugnez, désarmé et assoupi le roi d'Aragon. Louis voulut revêtir ces faveurs extraordinaires d'un caractère religieux, et prétendit les concéder pour le remède de son âme, et le salut de son père, le roi Philippe -Auguste^.

Le comte de Toulouse suivait pas à pas l'ost royal depuis le Rhône à la tête des Provençaux, et se réunit au comte de Foix et au jeune vicomte Trencabel, expulsés de Garcassonne. Les trois princes poussaient l'armée de France, la lance dans les reins, la contenant comme un troupeau dans la grande vallée septimanienne, ravageant le sol, massacrant les traînards, enlevant les transfuges qui venaient se rendre au roi de France. Jourdain de Gab-Aret, un parent des Trencabel, surpris dans sa désertion, expia sa lâcheté, par une dure captivité et une mort honteuse dans les cachots de Toulouse. Le comte de Foix et le jeune vicomte avaient voulu défendre Garcassonne ; mais ni les supplications du héros, ni les larmes de l'orphelin ne purent toucher les citoyens terrorisés par le parti monacal et la faction des Montfort. Les chefs de cette plèbe fanatique et féroce, un barbier et deux forgerons, affublés de la robe rouge des con-

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