HUt. du Lang., t. V, p. 35i
2. Ea 1238, Blanche de Gastille, acquérant le château de Termes, y mit pour châtelaia Robert Sans-Avoir, p. 64^
croisade, fief du pontife romain. Il passa rapidement devant Montpellier, pour ménager le roi d'Aragon, et ne pas donner d'ombrage aux citoyens, restés catholiques mais pourtant patriotes, à tel point que, pendant la tenue d'un concile, ils refusèrent à Simon de Montfort Tentrée de leurs murailles, se méfiant du conquérant ou repoussant le meurtrierduMidi, et qui ne pouvaient se fier davantage à son complice et à l'héritier de ses crimes, le roi de France, 11 traversa Béziers où, sur un amas de décombres noircis par le feu et d'ossements blanchis par les hivers, campait un évêque, et pullulait une populace sinistre engendrée du grand massacre, comme des vers dans un sépulcre. Cette plèbe lugubre avait un jovial et facétieux consul, Améric Bouffât (le Mangeur) qui présenta les clefs de la cité tragique au roi de France \
Des ruines funèbres et héroïques de Béziers, Louis continua sa marche vers Narbonne; Narbonne, pacifique amie de la France, et heureuse (si on peut l'être avec une honte et un remords) par son abandon de la cause patriotique. L'exterminateur de Béziers, le vieux primat de Gothie, Arnauld-Amalric, était mort. (29 sept. 1225.) Pierre- Amiel son successeur fût un autre Arnauld- Amalric. Mais l'archiprêtre de Narbonne, moins romain que l'abbé de Cîteaux, fut plus français, et plus dévoué aux intérêts capétiens. Jeune, fouc^ueux, farouche, inexorable, le nouveau primat terrorisa les Corbières, la Montagne-Moire, enraya