‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 653 sur 922 · LIVRE OxNZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE OxNZIÈME

ment rendu une partie de leurs domaines du Lauragais, non-seulement à P. Roger de Mirepois, mais encore à Isarn de Faujaus, son cousin, et à Othon de Lille (de Fanjaus), frère de Guilhem, ce pieux et vaillant chevalier tué devant Montségur. Bernard de Durfort, héritier de son frère Adhémar, était encore seigneur de RodeiUa, de Ganté, d'Unzent, et partageait le domaine de Saverdun avec les fils du fameux Arnauld de Villamur.

Le. chef de l'antique maison de Bélissen laissa plusieurs fils, nés à Montségur. Pierre-Roger l'aîné lui succéda dans ses domaines des alentours de Foix. Esquiou le second fit la guerre en Espagne. Un troivsième hérita du nom et des terres de son grandoncle Isarn de Fanjaus. Il épousa Miléta, fille unique de Guilhem d'Asnava, dans le Sabartez. Ils avaient encore de vastes domaines dans le Nébousan (Haute-Garonne). Isarn n'eut qu'une fille, et mourut probablement cathare vers la fin du siècle. Il n'est du moins pas question de lui dans le legs que fit Miléta, pour le salut de son âme et de celles de son père, de sa mère et de sa fille, aux dominicains, dans le couvent desquels elle avait choisi sa sépulture à Saint-Gaudens. Leurs domaines passèrent à Ramon Arnauld d'Aspel, de la maison de Commenges *. Pierre-Roger de Mirepois avait encore un fils ou filleul connu sous le nom enfantin de Pérou,

1. Dom Vaisselle, t. VII, add. de Du Mège. Pierre sépulcrale de Miléla. Miléta par sa mère était nièce d'Honora, femme de Loup de Foix.

diminutif caressant de Rocaféra. Férou paraît avoir été le môme que Pierre de Mirepois, seigneur de Cabrespina. Le roi lui confisqua ses deux château, Gabrespina et Rocaféra. Férou vécut eu faidit, d'abord à Montségur, puis dans la Montagne-Noire. Enfin, il transigea avec le roi; mais il demeura fidèle au Paraclet. 11 expira, tenant ses mains jointes entre les mains des ministres cathares qui murmuraient sur la tête du moribond : âh commencement était le Verbe * 1 (1284.)

Plus d'un quart de siècle après la chute de Montséffur. nous trouvons encore cet acte relatif à l'un de ses plus vieux et plus illustres faidits : « Sachent tous que nous, frère Etienne de Vastines, de l'Ordre des Prédicateurs , inquisiteur de la méchanceté hérétique, député par l'autorité apostolique dans la province de Narbonne, attendu l'utilité du passage de la Terre sainte, nous absolvons par ces présentes, et tenons quitte Ramon Sanche de Rabat, dans le Sabartez, diocèse de Toulouse de tous les pèlerinages', visitations et passage d'outre-mer, excepté l'unique Visitation à saint Antonin de Ramiers qu'il sera tenu de faire annuellement, le jour de la fête de ce martyr ; donné pour sa libération trente livres tournois, à l'illustre roi de France, assignées en secours pour la Terre sainte. Quant aux autres pénitences imposées audit Ramon Sanche de Rabat, nous n'y changeons rien par la concession de ces présentes , scellées de notre

i. Doat, t. XXVI, p. 241. Déposition de Thérin, notaire du Cabardez.

Page 1