Doat, t. XXXIV. Lettre de Geoffroi d'Abluses
Le \iei ^c Pierre-Roger de Mirepois vivait encore à cette époque et résidait probablement à Montgalhard, aux portes de Foix. Il ne recouvra jamais ni Mirepois ni Montségur, mais le hardi chef des faidits, riche, puissant, et redouté, dans sa ruine, figurait toujours au nombre des grands tenanciers et des plus hauts barons de la cour de Foix. Tous les ans, il était obligé de se présenter à Carcassonne. Tous les ans arrivait de Paris ce message royal: « Louis par la grâce de Dieu, roi de France, au sénéchal de Carcassonne : Nos amés et fidèles Gui de Le vis, maréchal de Mirepois, Lambert et Simon de Turey (de Saissac), Jehanne, veuve de Pierre de Voisins (de Limous), Jehan de Bruyères (de Chalabre), Pierre-Roger de Mirepois, Isarn de Fanjaus, Othon de Lille (de Fanjaus), Bernard de Durfort, Loup de Foix sont requis de venir à Carcassonne pour le service qu'ils nous doivent. » Le sénéchal répondait : t Ils sont venus au commandement du sénéchal et ont dit être toujours prêts à obéir pour le service du roi. » Quelquefois, il ajoutait : a P. Roger de Mirepois a excusé son frère Bamon retenu pour cause d'infirmité*. » Le vieux chef des faidits de Montségur montait impassiblement la garde au pied des tours où était renfermée sa femme Philippa et qui recelaient les os de son beaupère, Ramon de Pérelha. Ainsi soixante ans après la conquête, les conquérants et les conquis étaient requis de comparaître tous les ans devant le sénéchal du roi de France. Saint Louis avait probable-