Ibid. Benedicite, Pater 1 — Deus vos henedicatf
LES ALBIGEOIS ET UINQUlblTION
ait dans la roche où il vivait comme un Esprit; et le peuple par l'étroit vestibule regagnait la bouche de la caverne. Les torches s'éteignaient, et toute cette foule s'évanouissait dans l'ombre avant que l'aube blanchît les cimes de Tarascon. Certainement, ce vieil évoque, ce chevalier et ces pâtres qui, lorsque la terre était muette de terreur, s'enfonçaient dans ses entrailles pour confesser que la parole était la lumière et la vie du monde, sont les martvrs du genre humain. Nous verrons bientôt qu'une catastrophe mystérieuse fit de la grotte d'Ornolac une immense nécropole.
Pendant que le catharisme expirait dans les antres des montagnes, la papauté montait sanglante sur les nuées du ciel. Mais elle n'a sauvé son trône olympien, que par les plus tragiques efforts, et par le farouche génie d'Innocent IV, son Sylla sacerdotal. Elle a écrasé la maison de Souabe, dévoré la dynastie de Toulouse, exterminé les Albigeois, terrorisé l'Occident. Dans l'ivresse de son triomphe, pour justifier ses barbaries, et fausser la conscience de l'avenir, elle veut s'arroger l'infaillibilité, et poser au sommet de sa hiérarchie un pontife-Dieu. On produisit des titres apocryphes; l'impudent faussaire prétendit maladroitement les avoir reçus des Grecs ; quelle apparence qu'ils fussent émanés du peuple le plus antithéocratique de l'univers? Cette fiction vint au jour sous Clément IV, et fut tout d'abord patronnée par Thomas d'Aquin. Elle sortait évidemment de l'officine dominicaine dont ce docteur était l'oracle. Or. c'est cet œuf de couleuvre amoureusement couvé pendant six cents