‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 656 sur 922 · LIVRE OxNZIÈME m · texte numérisé non relu

LIVRE OxNZIÈME m

l'espagnole, et qui, debout sur ses étriers, s'était dressé sur son cheval de guerre dans cinquante champs de bataille, s'abaissait maintenant pour son Dieu, se courbait, rampait sur ses genoux, et se glissait comme un renard, dans le temple du Très- Haut*. Puis, la voûte insensiblement se relevait, s'élargissait, et dans le fond, s'épanouissait en un vaste dôme, éclairé par des torches de sapin qui brûlaient sur des stalactites découpées en forme d'urnes et de candélabres. Le prince se mêlait à la foule des pâtres et .des bûcherons d'Ussat, d'Ornolac et de Tarascon. Un vieillard était assis dans une chaire de rocher, peut-être le vénérable Amiel Aicard qui avait caché dans cette grotte le trésor de Montségur, et qui maintenant y conservait un or plus rare. Il lisait dans un livre : «Au commencement était la parole ; elle était en Dieu, et elle était Dieu. Toutes choses ont été faites par elle ; en elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit. dans les ténèbres; mais les ténèbres ne l'ont point reçue. » Puis, à l'évangile du Paraclet, l'évêque mêlait sans doute l'oraison funèbre de ses martyrs, depuis le massacre de Béziers jusqu'à l'holocauste de Montségur. Les pleurs, les sanglots accompagnaient le gémissement de sa voix. Puis, le peuple à, genoux s'écriait : « Bénissez-nous, ô Père I — Que le Seigneur vous bénisse, et vous donne une bonne fin 2 1 » répondait le vieillard. L'homme de Dieu disparais-

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