‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 660 sur 922 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

Mais si le catharisme mourant fournit à la royauté des hommes illustres, il transmit aussi des institutions célèbres à l'Église romaine. Les quatre ordres mendiants, nous l'avons vu, sont des plagiats faits à l'albigisme. Ils se partagèrent l'œuvre des Amis de Dieu. Les Dominicains prirent la prédication et l'enseignement; les Franciscains inclinèrent plus vers la charité et la consolation ; les Augustins et les Carmes ne furent guère que des doublures de ces ordres fameux. Leurs tiers-ordres représentent les croyants, comme les moines reproduisaient les parfaits. Ils arborèrent le programme albigeois : Pauvreté I Lumière! Les catholiques ne pouvaient lutter par la science contre les cathares. Les Dominicains surtout s'adonnèrent à l'étude et au professorat. Ils fondèrent des écoles et produisirent de nombreux scolarques*. Après avoir exterminé les Amis de Dieu, ces tragiques docteurs, la croix dans une main et dans l'autre la hache, conquirent la dictature de l'esprit et l'exercèrent par l'enseignement et par la terreur pendant plusieurs siècles. Les révolutions, et surtout les révolutions religieuses ,• enfantent beaucoup d'hommes puissants qui se lèvent dans l'orage. L'albigisme fit surgir par réaction, outre les grands papes, outre saint Dominique et saint François, une multitude de scolarques éclatants. Alors apparurent simultanément les docteurs subtils, angéliqiies, séraphiques. Des orages de l'albigisme sortit le siècle de saint Louis, comme des tempêtes de la réforme sortira

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