Victor Leclerc et Ernest Renan, Hist. litt, de la France
le siècle de Louis XIV. De cette renaissance théologique, par rétendue et la majesté de l'esprit, Thomas d'Âquin fut certainement le roi. Après ce vaste bouleversement, où toute doctrine gisait sur le sol, à l'exemple d'Augustin , il reconstruisit la Cité de Dieu. Il formula la Somme de la théologie catholique. Le pontife romain et le roi de France envoyèrent VAnge de l'école professer à Toulouse, pour reconquérir à l'Église romaine la métropole cathare. Il y mourut ou plutôt son corps y fut rapporté, et inhumé dans le chœur de l'église des Dominicains, auprès des restes de l'évêque Ràmon du Falgar, et Ton éleva à ces deux princes de la pauvreté deux mausolées où leurs statues d'or reposaient sous des tabernacles constellés de rubis et de saphirs*.
Mais le johannisme, comme une huile onctueuse, pénétra, imbiba, l'âpre catholicisme romain. Le patriarche de ce catharisme catholique fut Joaohim, abbé de Flore, moine de Calabre, élève des Grecs, qui mourut en 1202. Joachim est le père de François d'Assise, d'origine également hellénique, plus éclatant, et qui, rejetant son précurseur dans l'ombre, fit jaillir son génie au soleil. Un vent soufflait d*Orient; il venait des bocages de Platon et des forêts contemplatives des brames. Il amollissait tout de sa tiède haleine, mahométisme, judaïsme, catholicisme, rabbins, évêques, ulémas. Les religions fondaient, s'évaporaient en mysticité. Le coryphée de cet enivrement, de ce délire oriental.