‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 676 sur 922 · Dom Va's., liv. XXXII., ch · texte numérisé non relu

Dom Va's., liv. XXXII., ch

Alphonse, qui en religion comme en politique n'était qu'une doublure vulgaire de saint Louis, avait de longue main préparé cette annexion du Midi. Pendant vingt ans, il ne fut occupé qu'à construire des bastiden sur son territoire et à en envelopper les peuples dans un réseau de forteresses. 11 brisa tous les vieux droits, augmenta le pouvoir des évêques, et lâcha la bride à l'inquisition. Les hérétiques, dit un moine, ne trouvèrent de sûreté que par la fuite^ en sorte qu*à sa mort la province avait entièrement repris son ancien lustre^. Lustre des ruines! splendeur des tombeaux ! Toulouse, trois fois métropole, veuve de ses derniers princes, descendit pour toujours au rang secondaire de chef lieu d'une des provinces de la monarchie qui dès lors s'étendit jusqu'aux Pyrénées. Saint Louis et don Jaicmé avaient échangé les droits qu'ils prétendaient avoir sur les deux versants, et pris pour limite de leurs États la grande Montagne qui sépare les deux mers. Ils avaient coupé en deux la race ibéroromane, et mis entre leurs peuples frères et désormais étrangers la chaîne neigeuse et gigantesque, comme deux bergers mettent une claie d'osier entre deux troupeaux du même bercail. Dès lors les Pyrénées, ce cœur de l'antique nationalité cantabre, au lieu de redevenir, comme aux anciens t^mps, le centre d'un empire indépendant, ne devait plus être dans l'avenir que la limite méridionale et reculée de la France.

Le dépècement d'un peuple par l'épée ne s'ac-

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