‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 678 sur 922 · Zurita annal., III · texte numérisé non relu

Zurita annal., III

m LES ALBIGEOIS ET L'INQUISITÏON

louse et de Carcassoime. 11 fallut pour retenir l'infant et désarmer ces jeunes et valeureux hidalgos la défense expresse et toute l'autorité de père et de roi du vieux conquérant de Valence et des

Baléares.

Don Pedro III d'Aragon, comme tous les princes chevaleureux, était chéri des troubadours. C'est à cet infant qu'est dédié le poëme romanesque et allégorique de Jauffre et de Brunissen. Nul doute que cette dédicace ne soit un appel adressé au prince par un chanteur patriote dont le but évident est en même temps de relever le courage abattu des Méridionaux. Jauffre (Godefroi, l'ami de Dieu) est la personnification du prince espagnol, dont l'épée doit vaincre le féroce Rugimont, le roi de France, le chef de la croisade, et délivrer Brunissende, la dame éplorée, la patrie en deuil, captive dans son manoir de Montbrun, non moins obscurci et nébuleux, château antique et merveilleux, construit dans un verger pareil au Paradis, peuplé d'qiseaux et de troubadours centristes, d'où il ne monte que des cris, des sanglots et des lamentations inconsolables. Tableau trop fidèle de cet Eden dévasté où s'élèvent les sombres et sinistres tours de Toulouse et de Carcassonne *. L'auteur de ce poënie national, et le clairon de cette prise d'armes patriotique, fut probablement le valeureux troubadour Peyre Salvatgé, ami de l'infant d'Aragon.

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