‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 683 sur 922 · LIVRE DOUZIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME

entrée dans Toulouse (25 mai !272). 11 s'établit au Castel-Narbonnais, antique demeure des comtes. Ferry de Verneuil, avec l'ost de France, arriva ; le roi les dirigea sur Pamiers; et, guivant les traces de son armée, vint camper au monastère de Bolbona, nécropole des comtes de Foix.

Roger -Bernard évidemment avait compté, dans une lutte si inégale, sur l'appui du roi d'Aragon. Le vieux vainqueur des Maures s'émut du danger de l'héroïque prince qui, fidèle à ses instincts de race, s'obstinait à vouloir périr son vassal. Le grand conquistador, suivi de la chevalerie aragonaise et catalane, vint de Saragosse, non pour combattre le roi de France, mais pour demander la grâce du comte de Foix *. L'illustre vieillard venait aussi voir une dernière fois son berceau, la patrie de ses pères, et les provinces qui se détachaient pour jamais de sa couronne. Par les conques de la Noguéra orientale, il remonta vers Castelbon, cet héroïque champ d'asile du Midi , traversa les Pyrénées au port d'Aulus, et gagnant la vallée de l'Ariége, il descendit avec ce fleuve jusqu'àFoix^. Le monarque espagnol y trouva Gaston, vicomte de Béarn, et d'autres grands barons des montagnes, venus jusque-là pour faire honneur à leur ancien suzerain. Tous ensemble ils se rendirent à Bolbona ou devait se rencontrer le roi de France. Ce monastère, au milieu de sa foret solitaire, vit encore une imposante assemblée politique, deux

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