Raynouard, Troubadours
m LES ALBIGEOIS ET L'iN'QUiSITION
à son confrère couronné: « Seigneur, roi qui semble énamouré (de hauts faits) ne doit rester avec le cœur triste à propos des fleurs de lis. Mais il doit aviser comment il peut à grand bruit faucher les fleurs. Car voici Tété où elles poussent plus épaisses. Et que les faucheurs soient de telle valeur, qu'en mont, ni en plaine, en colline, ni en forêt on ne laisse plus une seule fleur en deçà de Montmé-r lianl » — Le comte de Foix, entendant ce dialogue poétique, vient y mêler sa voix : irrité de sa défaite et de sa longue détention , il se déclare pour Philippe le Hardi. Il répond sur le même rhythme et du même ton railleur et léger : « Qui veut se mêler avec les fleurs de lis doit bien garder son sceptre, car les Français savent porter de grands coups. Qu'on ne se fie ni dans Garcassonne, ni dans l'Agennais, ni dans les Gascons. lU n'aiment pas le roi d'Aragon depuis qu'il nous a fait cette lâcheté. Bientôt nous entendrons se mêler les cris de Bourgogne et d'Aragon. — Le Français qui n'a pas son pareil pour le courage, et le Bourguignon qui est habile et vaillant, mèneront à l'Église romaine les Patarins qui se réclament du roi d'Aragon. Et puis comme de juste il seront jetés dans un grand bûcher et leurs cendres dispersées aux vents * ! >
Tristes paroles I poésie amère I adieu cruel que le comte de Foix fait à la cause du Midi I Mais on trouve encore dans cette guerre une réminiscence patriotique et cathare. Le roi d'Aragon se présente comme le chef du parti hérétique et natio-