‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 692 sur 922 · LIVRE DOUZIÈME ig · texte numérisé non relu

LIVRE DOUZIÈME ig

la lutte des rois de France et d'Aragon eut lieu en Italie et sur les Pvrénées *.

Rome excommunie le roi d'Aragon : elle donne ses terres au roi de France. Philippe le Hardi menace l'espagnol vainqueur. Don Pedro se moque des anathèmes du pape ; mais pour mieux combattre Philippe, il relâche le comte de Foix captif depuis trois ans en Aragon. Il espérait par cet élargissement s'attacher les peuples de Foix, de ^ Carcassonne et de Toulouse, et peut-être aussi le comte. Mais Roger-Bernard, ulcéré de sa longue captivité, resta fidèle au roi de France. Philippe le Hardi, de Toulouse marcha sur Narbonne, et de là sur Perpignan, pour entrer en Catalogne. Don Pedro fit sa prise d'armes en roi troubadour : il chargea la poésie qui se mourait avec le catharisme, de sonner une dernière fois du haut de* Pyrénées son cor d'ivoire des batailles. Poète, il échange des vers avec un autre poète, avant que, roi, il croise la lance avec un autre roi 2. « Peyré Salvatgé, dit-il au troubadour, les fleurs de lis me font rester en grand pensement dans mon palais. Elles veulent sans droit ni raison passer en deçcà des montagnes. De quoi je prends l'occasion de prier les peuples de Carcassonne et d'Agen et les Gascons d'être marris si les fleurs veulent amoindrir mon royaume. Mais tel pense gagner pardon dans cette guerre qu'il n'y trouvera que sa perte I » — Le troubadour d'un ton de joviale égalité, répond sur le même rhythmo

Page 1