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SOULÈVEMENT!; CONTRE LES INQUISÎTBURS. — JEBAN PR PEQUIGNY ET RICHARD . NEVEU. — PACIFICATION DU MIDK — SUBSIDES MILITAIRES EXIGÉS PAR LE ROI. — IMPOTS DES VILLES ALBIGEOISES. — FORTUNE DES CONQUÉRANTS. — DÉPART DES BARONS MÉRIDIONAUX POUR LA GUERRE DE FLANDRE.
La paix moment^ément rétablie à Carcassonne ne tarda pas d'être encore troublée parles emportements de^ inquisiteurs. Le plus fougueux de ces dominicains était Foulque de St-Georges, inquisiteur de Toulouse. Un cri immense, universel, le cri des comtes, des consuls, des peuples, monte avec un frémissement d'indignation et de douleur, vers le roi : « Sire, réprimez le frère Foulques ! Il commet des violences atroces. Il nous fait souffrir des géhennes ! Il torture, il met à mort les innocents I Sire, ayez pitié I » Philippe, étant à Fontainebleau, pour ses chasses d'automne, entendit ces gémissements d'un peuple aux abois. Il écrit à l'inquisiteur, il écrit à Tévêque, au sénéchal de Toulouse (7 déc. 1301). Il a ordonné que les immurats, la prison de l'inquisition construite sur le sol du roi, serve toujours à la détention des hérétiques; mais que le geôlier en soit choisi par l'éveque et par le sénéchal, que l'inquisiteur ne fasse incarcérer personne sans le consentement de l'éveque ; et que le sénéchal n'agisse que d'après le commun accord de l'éveque et de l'inquisiteur, car, ajoute le monarque, nous ne saurions supporter que d'un
caprice dépendent la vie et la mort de nos sujets*. Philippe le Bel imposait ainsi aux inquisiteurs le double frein de l'éveque et du sénéchal. Il fit plus, il demanda aux dominicains de Paris le rappel de l'inquisiteur de Toulouse. Le chapitre prit un moyen terme, et tacha de contenter le pape et le roi. Il maintint dans ses fonctions le frère Foulques, en lui adjoignant un modérateur. Le monarque irrité S'écria que ce décret était rendu à sa honte, et ne pouvant obtenir des Jacobins aucune modification, il mande au sénéchal de Toulouse d'arrêter l'office de l'inquisiteur, de supprimer ses gages et de se charger des prisons. Puis il fit partir en toute hâte Jehan de Pequigny, vidame d'Amiens, et Richard Neveu, archidiacre de Lisieux, comme réformateurs des abus, dans les parties de la Langue d'Oc. Les Jacobins rappelèrent le frère Foulques, ils lui donnèrent pour successeur Guillaume de Morières ; et le roi satisfait ordonna qu'on rendit au nouvel inquisiteur ses gages, ses prisons, son tribunal. Mais l'exemple de Foulques avait entraîné la fougue de Nicolas d'Abbeville, inquisiteur de Carcassonne, et de Bernard de Castanet, vice-(jéranî de l'Inquisition , évoque d'Albi. Albi, Carcassonne, Toulouse, tout le Midi qu'ils désolent, est près d'éclater. L'arrivée de Jehan de Pequigny, et de Richard Neveu, commissaires du roi, surexcite l'espoir des populations. Ils ouvrent les prisons, relâchent les détenus et font jeter leurs geôliers dans leurs cachots. A ce spectacle si nou-