‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 712 sur 922 · LIVRE TKEIZIÈME jog · texte numérisé non relu

LIVRE TKEIZIÈME jog

crièrent : Gloire et longue vie à notre grand roi I La foule répondit par des applaudissements auxquels se mêlèrent, comme un accent plus pur d'allégresse et de triomphe, des accords d'orgues, de flûtes et de harpes. La musique, proscrite avec la poésie, revenait dans le cortège de la justice, l'harmonie des cités, leur sévère et royale sœur. Le silence se fit, et le roi se leva plein de majesté. « Les peuples du Languedoc, dit-il, nous ayant humblement supplié d'établir, dans Toulouse leur capitale, un parlement pour l'expédition de toutes les causes tant criminelles que civiles et sans appel, nous l'accordons à perpétuité par ces lettres patentes scellées de notre scel I » Il se rassit, et les conseillers vinrent tour à tour recevoir de la main du roi leurs insignes. Les saints évangiles, écrits en caractères d'or, furent ouverts ; et le président, le vice-président, le greffier, et tous les conseillers prêtèrent le serment de rendre bonne justice, et de servir la cause de Dieu, du roi et du royaume. Puis, le monarque, se levant de nouveau, lut ce verset : Instruisez-vous, vous qui jugez la terre t Et pendant une heure il exposa avec une grande éloquence les devoirs des magistrats envers Dieu, l'Église, le roi, le royaume et le peuple. Le parlement, dans la pensée de ce légiste couronné, devait évidemment servir de contre-poids à l'inquisition. Toulouse, ville de prédication et de plaidoirie, dut acclamer avec enthousiasme ce roi beau, sagace et justicier comme Salomon, éloquent et sentencieux comme l'Ecclésiaste d'Israël*.

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