‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 713 sur 922 · G. DarJini chroiiica. Hist, du Lang., t. VI, pr · texte numérisé non relu

G. DarJini chroiiica. Hist, du Lang., t. VI, pr

tlO LES ALBIGEOIS ET LINQUISITION

Malheureusement, comme au monarque hébreu, il fallait à Philippe le Bel beaucoup d'argent, non pour se? voluptés, mais pour sa politique et pour ses guerres. Toulouse dut payer la magnificence de ce parlement royal. Le Languedoc dut fournir un subside et une armée pour la campagne de Flandre. Un siècle de croisade ou d inquisition avait dévoré le Midi. Le roi prenait les restes de la sauterelle et du hanneton. Le clergé, la noblesse, les villes, votèrent par ordre. Les évêques et les barons donnèrent le cinquième de leurs revenus. Pour les villes, les officiers durent faire un recensement des feuxtaillablesetnontaillables. Ce dénombrement est précieux. pour l'histoire : il nous montre les ravages de la conquête, et l'état des fortunes des conquérants. Ainsi Carcassonne accordait 1000 livres tournois; elle avait douze cent soixantetreize feux taillables, et huit cent quarante-trois feux non taillables, c'est-à-dire d'indigents; conséquemment les deux tiers de sa population étaient réduits à la mendicité. Béziers comptait trois mille six cent dix-neuf feux taillables , et accorda 1,848 livres tournois. Béziers, malgré sa catastrophe, était donc deux fois plus important que Carcassonne. Limons même était plus considérable et paya 1 ,200 livres. Mirepois surpassait Limous et donna 300 livres de plus. Pamiers égalait Mirepois. On remarquera que le roi substitue la livre française à la livre tolosane, morlane et melgorienne, à la monnaie méridionale*. Ainsi la riche Carcassonne

, LIVRE TREIZIÈME fn

est tombée dans l'indigence comme son noble vicomte : elle est la plus pauvre des cités romanes, elle si florissante sous le sceptre patriarcal des Trencabel.

Après un siècle écoulé depuis la croisade, voici quelle était la fortune des croisés dans le Midi. La plus riche était Éléonore, dame de Castres, héritière de la branche des Montfort. Elle possédait un revenu de 10,000 livres tournois (700,000 fr.). Après elle venait Jehan de Lévis, seigneur de Mirepois, mari de Constance de Foix; il avait 4,269 livres de revenu. Pierre de Lévis, seigneur de La Garde, 1,272 livres; et Thibaud de Lévis, seigneur de Montbrun, 960 livres. Ainsi la totalité des revenus des trois branches du maréchal, était de 6,501 livres de Tours (450,000 fr. environ)! La maison de Lévis. s'amoindrissait par le droit méridional du partage des successions. Les seigneurs de Mirepois demandèrent d'être régis par le droit féodal de France qui maintenait intact le fief paternel. Mais la douce féodalité romane prévalut et fragmenta la puissance des conquérants. La maison de Voisins était moins riche encore. Guillaume de Voisins, seigneur de Limous, n'avait que 2,000 livres tournois ; Pierre de Voisins, seigneur de Rennes, 500 livres; Gilles de Voisins, seigneur d'Arqués, 500 livres : en tout 3,000 livres (210,000 fr.) pour la maison de Voisins. La plus pauvre était la maison de Marly-Saissac. Guillaume de Turey, seigneur de Lauragais, 500 livres^

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