‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 732 sur 922 · Archives de Pamiers · texte numérisé non relu

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cette entreprise, d'une audace prodigieuse pour son siècle, étonnante encore pour le nôtre où nous voyons tant de lâches princes, son principal instrument fut un légiste albigeois, Guilhem de Nogaret. Guilhem était né à Saint-Félix de Caraman, bourg du Toulousain, où se tint, en 1167, le premier synode cathare présidé par Tévêque bulgare Nicétas, venu deConstantinople. Gerald de Gordon, seigneur de Caraman, et sa femme Geralda de la Tour, contemporains de Guilhabert de Castres, sont signalés comme deux hérésiarques. Ramon de Nogaret, son aïeul, était diacre johannite : il prêchait dans le Lauragais, avec ses deux diaconesses Trobada et Peyrona. Peyrona était nièce de Braïda de Peyrat, la touchante martyre de Montségur. Singulière coïncidence qui unit les noms de l'auteur obscur de ce martyrologe et du grand Jucre, vengeur éclatant des Albigeois ! Ramon fut brûlé vif, vers le milieu du siècle précédent, et, par son supplice, ses fils se trouvèrent conséquemment déshérités , et toute leur postérité réduite à une sorte d'ilotisme. Guilhem, né faidit, parvint, à force d'intelligence et de courage, à refaire sa fortune et à se dégager de l'anathème pontifical. Voué dès l'enfance à l'étude des lois, il devint professeur de jurisprudence dans l'université de Montpellier. C'était un homme de la race des Cap-de-Porc, du Mas ; il avait la fougue du sanglier, la dent tranchante, la hure terrible. Il f)ortait dans son sang l'embrasement du midi et dans son cœur le bûcher paternel. Le sagace mo-

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