LIVRE TUEIZIÈMK
narque devina le jeune Crozet, abolit la flétrissure de sa croix, le revêtit de la simarre du juge-mage» l'appela dans son conseil, l'anoblit et le fit chevalier, et lui confia enfin le sceau royal (1299). Guilhem se dévoua corps et âme au service de l'intelligent et magnanime roi qui réhabilitait tous les parias cathares dans la personne d'un faidit des bois devenu chancelier de France.
Philippe évidemment sentait tout le prix de ce vaillant champion au moment où sa querelle avec le turbulent évêque de Ramiers l'engageait chaque jour plus profondément dans upe lutte gigantesque contre Boniface Vlll. Nous avons vu que cet impérieux pontife avait convoqué à Rome une assemblée du clergé de France*. En réponse à cet acte d'omnipotence théocratique, le monarque, un mois après, convoqua au Louvre les princes, les barons et les prélats du royaume (12 mars 1303.) Mais de tout le clergé gallican, il ne s'y rendit que trois éveques et les deux archevêques de Narbonne et de Sens. Le roi étant sur son trône, entouré de ses trois fils, de ses deux frères les comtes de Valois et d'Évreux, et d'auti'es princes de sa race, espoir et soutien de la monarchie , Guilhem de Nogaret , vénérable professeur es loiSf chevalier, se leva. Le légiste accusa Boniface VIII d'hérésie , de simonie, de corruption de mœurs, d'usurpation de la papauté, et du renversement de l'Église romaine : en conséquence, il demanda qu'un concile général dé-