‹ Histoire del Albigeois [microfrorm]Chapitre 739 sur 922 · Villani · texte numérisé non relu

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puissance, il devient grand dans le malheur et devant la mort. « Puisque je suis trahi comme le Christ, dit-il, je veux du moins mourir en pape î » Il se revêt delà chape, appelée le manteau de saint Pierre, il ceint la triple tiare, nommée la couronne de Constantin, prend dans ses mains les .clefs et la croix, symboles hybrides, cause de sa catastrophe, et s'assied majestueusement dans sa chaire pontificale. Nogaret paraît : « Ne craignez rien, lui dit le chancelier, loin de vouloir votre mort, je veux garder votre. vie. 11 faut que vous soyez jugé par le concile. Et c'est pour cela que je vous donne des gardes. » — « Chétif pape, s'écrie Colonna, renonce au. pontificat! » Et sur son refus magnanime, le proscrit italien le frappe à la joue de son gantelet de fer*. Outrage ignoble pour le vieillard, indigne pour le pontife, mais expiatoire pour la papauté. Cette superbe flagellatrice des princes reçut alors à la fa3e l'ignominie si cruellement infligée aux deux derniers comtes de Toulouse. Les os infortunés de Ramon le Vieux, privés depuis quatre-vingts ans d'un tombeau durent tressaillir dans leur poudre et jeter une vive flamme. Cependant le peuple d'Anagni, revenu de son étonnement, se soulève, saisit des armes, repousse les Français, délivre le vieux pontife. Mais l'outrage l'avait tué. Il était frappé au cœur. Il rentre dans Rome, et de rage et de désespoir, y meurt. Ainsi s'accomplit la prophétie de Jacopone. Faut-il relever le jugement contemporain?

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