LIVRE TREIZIEME
an»
la dynastie et de l'inquisition, et, pour les consuls, le plus sinistre augure. Philippe, irrité, fut en effet inflexible, et ne permit pas que le Parlement revînt à Toulouse. Supprimé de fait, il restait à jamais aboli, et le Midi dépouillé de cette haute cour de justice. Le roi ordonna que le Président et les officiers (officiarii) de ce Parlement se rendissent à Poissy, et que, unis aux conseillers du Parlement de Paris, ils ne composassent qu'un seul corps de justice pour l'expédition des causes, tant civiles que criminelles, de tout le royaume. Le monarque ouvrit ce parlement de Poissy (le vendredi après la Pentecôte 1313). On y traita la question du tumulte, désobéissance et rébellion de la Langue d'Oc, et comment ses peuples refusaient les subsides imposés^ formaient des assemblées populaires et délibéraient contrairement à la volonté du roi *. Sur la proposition du premier Président de Toulouse, l'assemblée des trois Ordres, de décembre 1312, fut déclarée factieuse et séditieuse : les députés, ecclésiastiques, nobles ou plébéiens, furent déclarés rebelles et criminels de lèse-majesté. A moins qu'ils ne se désistassent avant six mois de toute conjuration : lequel temps passé le roi marcherait à la tête d'une armée pour châtier les rebelles. Par le même arrêt fut défendu à tous archevêques, évêques, abbés, clercs, barons, chevaliers et consuls, aux gens des villes comme des campagnes, de convoquer l'assemblée des trois Ordres de la province, sans autorisation du roi ou de son lieutenant, sous peine de